
Quelques uns ?
Tout le monde ?
Personne ?
PERSONNE, si l'on définit la vocation comme un appel de Dieu et qu'on estime que Dien n'existe pas. Aucun appel, aucune réponse.TOUS, si l'on croit que Dieu s'occupe de tout le monde (création et providence) et qu'on donne un sens large au mot vocation. Dieu appelle tout homme, chacun, à réaliser le meilleur amour. Appel universel à la saintteté.
QUELQUES UNS, si l'on donne au mot vocation ce sens restreint mais précis d'un appel à un genre de vie qui n'est pas immédiatement dans l'horizon humain habituel : prêtre, religieux, religieuse, vie consacrée.
Dans ce dernier cas, comment sait-on alors qu'on est appelé? De deux manières parfois simultanées, parfois décalées: d'une part, un sentiment intérieur plus ou moins nourri de réflexion sur le sens de ma vie, de son utilitié, de son accomplissement. Je me pose la question. D'autre part, une suggestion extérieure, livre, ami, autre personne, internet... Mais cela ne suffit pas. La question doit se faire insistante en moi, même si je la repousse. Enfin, je dois m'aider d'une autre personne, souvent un prêtre. J'en saurai un peu plus. Pas d'une certitute mathématique. Mais assez pour m'engager. Le discernement est donc progressif et a besoin d'une aide pour identifier l'appel et y répondre.

La vocation est semblable à la « naissance d'un sentiment amoureux »1. Le sentiment amoureux dont il s’agit ne s’adresse pas au premier chef à une famille spirituelle, encore moins à l’un(e) de ses membres dont on aurait fait la connaissance, mais au Christ lui-même. On ne donne sa vie au Christ que si l’on se laisse envahir par lui, comme un amoureux se laisse envahir par la pensée de sa bien-aimée : présence mentale constante jusqu’à l’obsession, affection, désir de partager sa vie.




Au cœur des années de célébration de son huitième centenaire (2006 pour les moniales, 2015 pour les frères), l’Ordre des Dominicains reste aussi méconnu que certains de ses membres sont célèbres. Qui connaît la vie de saint Dominique ? Qui pourrait présenter la vocation d’un Frère Prêcheur, d’une moniale, d’une sœur apostolique ou d’un laïc, tous dominicains ? Sans doute peu de gens, même chrétiens avertis.
fr. Guy Touton op ; Artège, avril 2012, 596 p ; 39 €

